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Lutte contre la pêche illicite en Guinée

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Lutte contre la pêche illicite en Guinée le Centre National de Surveillance et de la Police des Pêcheries veut pérenniser la lutte.

La Guinée, pays côtier de la sous-région ouest –africaine, est entourée par la mer s’étendant de Boffa, à Dubréka en passant par Coyah jusqu’à Conakry, le littoral Guinéen est riche en ressources halieutiques et réputé pour la qualité de ces ressources. Qu’il s’agisse d’algues, de crustacés, de mollusques, de poissons de surface ou de fond. Si cela est un acquis, il faut aussi faire remarquer que les ressources de la mer de ce pays sont aujourd’hui menacées.

Pêche d’espèces menacées de disparition, surexploitation, piraterie, insalubrité, pollution, tous les ingrédients sont réunis pour affecter négativement les ressources qui y vivent.

Fort heureusement, une prise de conscience est à signaler avec des actions initiées à différents niveaux aussi bien des autorités au plus haut niveau que d’associations de protection de l’environnement marin De plus, des groupements de pêcheurs et de simples citoyens sont engagés. Chaque partie prenante œuvre à la protection et à la conservation de milieu marin et de ses ressources à travers des actions diversifiées dans le but d’assurer un développement durable de ces ressources.

Pour en parler Idiatou CAMARA s’est entretenu avec le Directeur par intérim du Centre National de Surveillance et de la Police des Pêcheries Demba GUISSE.

 

 

  1. GUISSE quelles sont les missions du CNSP et qu’est –ce qui a prévalu à sa création ?

C’est conscient des enjeux et de la nécessité de protéger les ressources de la mer, que le gouvernement guinéen a créé en 1990 le Centre National de Surveillance et de Police des Pêcheries. C’est l’institution nationale chargée de la mise en œuvre la politique du Gouvernement en matière de Surveillance et de police des pêcheries.

Sa mission essentielle est de garantir la gestion rationnelle des ressources halieutiques des eaux sous juridiction guinéenne en veillant au respect des dispositions législatives et règlementaires en vigueur par les navires de pêche.

Que faites-vous et quelles sont les stratégies que vous développez pour surveiller nos eaux et les activités de pêche qui s’y déroulent?  

La stratégie de surveillance est bâtie autour de moyens navigants, aériens et la surveillance satellitaire. S’agissant des moyens navigants c’est la surveillance navale, à ce niveau nous disposons de petites vedettes de taille modeste, d’autonomie faible pour la plupart. Seule la vedette de ‘’Moussaya’’ est un peu plus grande avec 15 mètres de long, elle permet la surveillance semi-hauturière et dont l’autonomie peut aller jusqu’à 4 jours. Je voudrais préciser à ce niveau que ces petites vedettes ne font que la surveillance côtière  journalière à la limite de 12 milles miles.

Quant aux moyens aériens, le CNSP ne dispose à ce jour aucun  aéronef. Nous utilisons cependant celui d’une compagnie privée. Pour la surveillance satellitaire, le CNSP dispose d’un système qui permet le suivi en temps réel de tous les navires de pêche détenteurs de licences de pêche. Il fonctionne 24 H/24 grâce à une source d’énergie hybride permanente.

  1. le Directeur, revenez un peu sur les espèces de poissons, les ressources halieutiques de notre pays en général sont réputées pour leur qualité

Comme vous le dites, les eaux Guinéennes sont très riches en ressources halieutiques, qu’il s’agisse des poissons, des crustacés, des mollusques et bien d’autres espèces.

En parlant des ressources halieutiques, elles se répartissent en poissons de surface (petites pélagiques : ethmaloses, sardinelles, chinchards et les grands pélagiques dont les thons). Ensuite il y’a les poissons de fond communément appelés démersaux (dorades, otolithes, macharions. Vous avez aussi des crustacés, des crabes, des crevettes, des langoustes etc…

La Guinée fait partie des pays qui ont la chance d’être entourés par  la mer, une chose enviée par les pays qui en manquent. Mais, si cela est une chance, l’environnement marin guinéen n’est cependant pas aussi protégé bien que bénéficiant d’avantages naturels et de garanties légales

Oui vous avez raison la Guinée a signé et ratifié plusieurs conventions qui protègent l’environnement marin. On peut citer la convention phare qui est la convention de Montégobay signée en 1982, elle concerne notamment la délimitation des eaux territoriales, la réglementation de la pêche. Elle prévoit aussi les infractions et les sanctions liées aux manquements à la convention.  Il y a également la convention de la FAO de 1993 relative aux stocks chevauchant et les grands migrateurs, la convention sur les thonidés et plusieurs autres conventions de protection des ressources de la mer qui répriment la pollution marine entre autres.

Au niveau sous régional il y a la convention de la commission sous régionale des pêches et au plan national le code de la pêche maritime (CPM) et ses textes réglementaires la liste est non exhaustive.

Les eaux territoriales guinéennes sont fréquemment victimes de piraterie, le qui porte un coup sur la conservation de ces ressources, notamment leur reproduction.  Des bateaux étrangers viennent pêcher dans nos eaux avec la complicité de certains garde-côtes, raconte-t-on.

En effet nous sommes victimes de pêche illicite pour plusieurs raisons dont celles liées à la faiblesse de nos moyens de surveillance dont je vous parlais. Ce qui ne nous empêche pas de faire notre mieux en arraisonnant par exemple ces navires et en les sanctionnant conformément à la législation en la matière.

Justement quelles sont les sanctions qu’encourent les auteurs ?

Elles sont essentiellement pécuniaires, ces navires arraisonnés payent des amendes mais il n’y a pas de privation de liberté autrement-dit, il n’y a pas de prison pour les auteurs.

Compte tenu de l’état préoccupant des ressources de la mer et, dans le souci de mieux protéger et de conserver ces ressources, les autorités guinéennes ont  imposé récemment le  ‘’repos biologique’’ tant, les ressources de la mer, notamment les poissons étaient surexploités. Une décision qui a donné des résultats satisfaisants et la mesure est a été reconduite pour 2 mois, c’est-à-dire jusqu’au 30 Août 2016 ?

Effectivement le Gouvernement Guinéen a imposé le repos biologique pour 2 mois, parce que les ressources halieutiques étaient surexploitées, le marché se vidait, des petits poissons, des crustacés bref, il y’avait une nécessité d’interdire la pratique pour un temps donné afin de permettre aux ressources de se reproduire. L’objectif étant de fournir un stock qui s’amenuisait et les résultats ont été concluants, je l’avoue.

Avez-vous véritablement les moyens de vos ambitions ?

Belle question, malheureusement non, nous n’avons pas tous les moyens, qu’ils soient logistiques, techniques ou financiers. Vous me permettrez de profiter de votre micro pour lancer un appel au Gouvernement bien qu’il fournit assez d’efforts de continuer à nous appuyer dans ce sens. Le même appel s’adresse aux institutions internationales et partenaires intervenants dans le secteur.

Le littoral Guinéen est aussi victimes de pollution ?

En effet, des eaux usées, des ordures jetées çà et là, du carburant rejeté par des navires, une véritable pollution marine existe fort malheureusement.

A ce niveau je vais demander aux autorités du ministère de l’environnement d’œuvrer dans ce sens, mais aussi la préfecture maritime, les associations de protection de l’environnement et surtout les riverains, les populations en général parce que chaque geste compte et peut servir à  protéger et à préserver l’environnement marin.

Un message pour nos lecteurs pour terminer ?

Je vous remercie de cette opportunité car les médias sont importants et je dirais même incontournables dans la lutte contre la pêche illicite, ensuite j’inviterai chaque acteur comme je le disais à faire son mieux pour préserver l’environnement marin et ses ressources qui y vivent, chaque geste est important et peut sauver notre environnement qui a tant besoin.

Entretien réalisé par Idiatou CAMARA

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  1. test

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