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Journée mondiale de l’environnement : les ordures envahissent les rues de Conakry !

La communauté internationale célèbre ce 5 juin la journée mondiale de l’environnement.

Cette année le thème est « combattre les déchets plastiques ». Ces déchets non dégradables qui peuvent avoir une durée de vie allant jusqu’à 100 ans donnent une mauvaise image de nos villes et campagnes.

Par ailleurs, ils constituent de véritables sources de maladies pour les populations mais aussi- la faune aquatique notamment les poissons.

En Guinée, cette célébration intervient à un moment où les ordures s’érigent en maitres de la rue dans l’ancienne perle de l’Afrique à cause de son état de propreté de l’époque.

Partout, les tas d’ordures envahissent la chaussée et les marchés, surtout depuis la tombée des premières pluies, les caniveaux se remplissent au quotidien dans certains axes de la capitale.

C’est le cas du marché de Sonfonia Gare, en haute banlieue de Conakry. Là,  les déchets liquides, solides, les fumées et autres odeurs nauséabondes constituent le quotidien des habitants. Toute chose qui n’est pas sans conséquence sur l’environnement et la santé de la population.

Dans certains marchés de la capitale, même si l’assainissement  devient de plus en plus une préoccupation pour les autorités de ces centres de négoce, l’incivisme continue  chez les populations.

Interrogés, des vendeuses et riverains se disent choqués par l’état de dégradation de l’environnement en général, et de l’insalubrité en particulier. Au marché de Sonfonia Gare, le désespoir se lit sur tous les visages.

Delphine Toupou est une des vendeuses de ce marché : «On souffre et ils nous traitent comme des animaux. Chaque jour nous payons les taxes aux administrateurs du marché, mais on ne constate rien comme travail d’assainissement. Le marché sent et ça nous fatigue vraiment. » Souligne-t-elle.

Bien qu’il y’ai un petit dépotoir, mais cela semble insuffisant : « On ne peut pas vivre avec les ordures. Nous avons un petit conteneur pour stocker nos ordures, mais il se remplit vite. Par ce que la population est plus nombreuse par rapport à un seul conteneur. Et je pense que c’est la raison pour laquelle les gens versent des ordures dans les caniveaux. » Raconte-t-elle.

Du côté des riverains, bien qu’il y’a eu des améliorations, des tas d’ordures sont encore visibles dans les caniveaux de la capitale. Du coup, ils disent craindre pour leur santé.

Selon un vendeur, l’air est particulièrement pollué dans ces endroits. « La fièvre typhoïde, le paludisme, la diarrhée et sont aujourd’hui nos maladies quotidiennes. En voyant l’approche de la saison pluvieuse, nous constatons encore plus de tas d’ordures devant nos boutiques. Chaque année nous payons l’impôt mais malheureusement on ne sait pas ce qu’ils en font. Et nous respirons des odeurs nauséabondes.» Ce riverain n’est pas resté sans s’adresser aux autorités communales en ces termes : « On lance des appels chaque année aux autorités pour qu’ils nous viennent en aide.».

Mohamed Lamine Cissé, citoyen du quartier Sangoya, lui pointe du doigt le manque d’engins roulants et un très grand espace hors de la ville de Conakry pour y stocker les ordures : « Même si les services en charge de la salubrité installaient des dépotoirs dans chaque carrefour, cela ne résoudrait pas la problématique de la gestion des ordures. Il nous faut plus d’infrastructures et de technologies pour être plus propre.»

Les ordures représentent un danger pour la santé, affirment les spécialistes. Elles peuvent provoquer des maladies pouvant faire des ravages au sein des populations. Les conduites d’eaux de ruissellement sont bouchées par les ordures. Ce qui reste toujours un défi à relever par le Gouvernement Guinéen.

Junior DORE

 

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