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Guinée : le bilan du secteur en Guinée en 2017

Par Alimou Souaré

L’année 2017 a été marquée au ministère de la santé par la poursuite de reformes  du secteur après le passage du virus Ebola. Des reformes à l’image de la construction, de la rénovation  et ou encore de l’équipement des structures sanitaires tant à Conakry que dans le pays profond. Aussi marquée par le perfectionnement  des agents de santé et la qualification du personnel soignant.

2017 c’est aussi l’organisation des rencontres sous régionales et continentales sur la santé maternelle, la vaccination et les médicaments essentiels à travers l’ACAME.

 Durant l’année écoulée, des efforts ont été également consentis  pour  l’obtention de la certification du pays exempt de la  poliomyélite.

Malgré ces efforts le chemin est encore long  pour perfectionner le système sanitaire guinéen avec de nombreuses défaillances qui doivent être corrigées.

Parmi les priorités inscrites à la feuille de route du ministre de la santé  au compte de l’année 2017 figurait  la santé maternelle et infantile,  la mise en place d’un système de santé intégré, la disponibilité des médicaments de qualité et  la performance de la santé communautaire.

Des priorités que le ministère s’est attaqué dès les premiers mois de l’année. Ainsi 4 tours de campagnes nationales de vaccination contre la poliomyélite ont été organisés en 2017 après avoir réussi à rompre la propagation et la transmission du polio virus sauvage. L’organisation de ces journées de vaccination,  visaient à maintenir  le cap pour permettre que la Guinée soit certifiée  pays exempt de la poliomyélite.

Sur la même lancée des efforts ont été fourni par le programme élargi de vaccination pour rehausser le taux de couverture vaccinale qui est encore à moins de 30 % au plan national.

Pour y arriver   le ministère de la santé a organisé courant 2017 le forum national sur la vaccination .Un forum qui a regroupé des experts  et cadres techniques de la sous-région  pour élargir les réflexions  au niveau technique et renforcer la mise en œuvre des stratégies prioritaires pour la relance de la vaccination y compris l’engagement politique et la redevabilité à tous les niveaux .

La santé maternelle a aussi marqué les esprits en 2017 à travers l’organisation  de la 6ème réunion du partenariat de Ouaga. Une assise qui s’est penchée sur la réduction de la mortalité maternelle à travers l’utilisation des méthodes contraceptives .Cette rencontre technique de haut niveau a permis de faire le bilan sur les progrès réalisés durant l’année 2017, de répondre aux questionnements soulevés en 2016 à Abidjan, de discuter des défis communs comme l’effectivité du partenariat entre les pays membres  au niveau national et régional et améliorer la tendance progressive vers l’atteinte de l’objectif de 2020.

Sur un autre plan, la 19 éme assemblée générale de l’ACAME l’association des centrales d’achat et de médicaments essentiels a permis d’exposer sur les défis qui assaillent le système sanitaire africain comme les médicaments génériques, la circulation illicite des produits pharmaceutiques, la gestion et la conservation des médicaments essentiels. Au cours la rencontre, la Guinée a pris la présidence tournante  à travers le  directeur de la pharmacie centrale de Guinée. Une reforme dans ce secteur pharmaceutique  qui s’est aussi matérialisé par  le renouvellement du bureau de l’ordre national des pharmaciens de Guinée  dont le mandat du bureau sortant  avait expiré depuis 2006.

Cette fête a été cependant gâchée par l’incendie d’origine inconnue qui s’est déclaré dans deux  magasins contenant des stocks des ARV à la Pharmacie Centrale de Guinée mais la distribution  n’a pas été interrompue grâce à la synergie du Ministère de la Santé et de ses partenaires.

Au plan infrastructurel, 2017 a connu un prolongement des activités entamées après le virus Ebola.

La subvention des structures sanitaires, la dotation des hôpitaux en équipements et matériels répondant aux standard internationaux, des kits pour accompagner la gratuité des soins obstétricaux et néonatales  à travers tout le pays, la construction  de centres de santé  et postes de santé améliorés dans l’arrière-pays, et la reconstruction de certaines structures  qui étaient en état de défectuosité  très avancé se sont poursuivis.

Cependant malgré ces acquis des efforts restent  encore à fournir. Il s’agit notamment pour la construction des CHU à Labé Kankan et N’Nzérékoré qui est toujours à l’état d’annonce malgré que les sites ont été identifiés, il y a aussi le déséquilibre dans la répartition du personnel soignant alors que 3 mille agents de santé ont été recrutés en 2016.

On note aussi le non-respect des délais contractuels, une autre préoccupation comme c’est le cas  des travaux de la reconstruction et de l’extension de l’hôpital national Donka initialement prévue en fin 2017 et repousser pour Mars 2018.

En attendant les autres structures de soins vont continuer à être envahis par les patients qui n’ont d’autres choix que de prendre leur mal en patience. Toutefois, cet édifice une fois achevé  permettra de réduire les évacuations sanitaires.

Pendant ce temps, les structures de l’intérieur manquent de personnel qualifié et toutes les tentatives de répartition annoncée n’ont pas connu de succès. Un facteur qui décourage les quelques rares agents qui ont accepté de servir à l’intérieur.

 

 

 

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