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Foncier : Problématique foncière et perspectives de développement durable quels défis pour l’Afrique ?

C’est le thème d’une conférence internationale qui s’est tenue ce lundi à l’Université Général Lansana CONTE  de Sonfonia.

Une initiative  qui s’inscrit dans le cadre des activités de la chaire UNESCO composée de plusieurs universités dont Paris I Sorbonne, l’Université Libre de Bruxelles, l’Université Ouaga 1 et l’Université de Sonfonia.

Placée sous la présidence du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique Abdoulaye Yero BALDE, cette journée scientifique a mobilisée de nombreux experts de la chose foncière venus d’Europe, du Canada et de la Guinée, en présence de nombreux étudiants qui ont fait le plein de la salle.

Dans la séquence des allocutions, il est tout d’abord revenu au Recteur de l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia de dire l’honneur pour son université d’accueillir une telle journée.

Mentionnant les défis du foncier en Guinée, Professeur Ahmadou Oury Koré BAH a rappelé la nécessité d’harmoniser le code foncier Guinéen et le droit notarial du pays. A cela, s’ajoutent l’accaparement des terres, la difficulté pour les populations rurales notamment les femmes d’accéder au terres, la dégradation de l’environnement à travers l’orpaillage, artisanal industriel.

Il a conclu son propos en disant que la « gouvernance foncière à travers le relèvement des défis, constitue des défis pour assurer le développement durable d’un pays ».

Rappelant l’importance d’un tel sujet, Professeur Moustapha KEITA DIOP Juriste Anthropologue, Doyen de la Faculté des Sciences Sociales de l’Université de Sonfonia, dira que, lorsque  la problématique foncière n’est pas bien cernée et gérée, peut causer des situations comme l’instabilité, l’accaparement des terres, l’exclusion des acteurs majeurs comme les femmes ou encore la destruction de l’environnement forestier. Parlant du cas Guinéen, il fera remarquer qu’« …Après plus de 50 ans d’indépendance, la gestion foncière reste problématique en Guinée.. ».

 

A sa suite, Patricia AUBRAS Directrice Générale de l’Agence Française de Développement en Guinée dira pour sa part, que la problématique foncière est au cœur des priorités de son institution, en témoigne, l’appui à plusieurs sessions de renforcement de capacités des acteurs diverses. Ce soutien se poursuivra par d’autres actes dont, l’accompagnement à la politique et à la loi foncière en Guinée.

Au nom du Représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Secrétaire Général de la Commission Nationale pour l’UNESCO, Ibrahima Solo CONDE, a rassuré de la « disponibilité » du département à accompagner de telles initiatives qui cadrent parfaitement selon ses termes avec les missions du département et de l’UNESCO.

A retenir, qu’au cours de cette journée d’échanges, plusieurs thèmes ont été exposés suivis de débats avec les étudiants.

 Parmi eux, le « pluralisme juridique des droits fonciers, la gouvernance foncière, l’approche environnementale des défis fonciers, « la logique foncière au Gabon, quels droits, quels territoires pour les populations autochtones », l’accès des femmes à la terre en Afrique, cas de la commune de Nikki au Bénin ou encore l’accaparement des terres au Mali et en Mauritanie.

En ce qui concerne les mines et l’environnement, des thèmes comme « Une approche environnementale des défis fonciers (aléas écologiques) dans le département des collines du Bénin ». Les Reconfigurations des pouvoirs dans le processus de territorialisation dans le contexte minier Guinéen ou encore la gestion participative de la gouvernance forestière en Centrafrique ont été exposés suivis d’échanges avec le public.

Dans la même lancée, la question de la résolution des différends nés du foncier était également en discussions.

Un sujet d’actualité et de préoccupation souligneront l’ensemble des panélistes, quand on sait les conflits nés de la gestion foncière en Afrique, se soldent souvent par des dégâts énormes et parfois même à des morts d’hommes.

Dans les débats, les questions des étudiants ont porté sur les modes de résolution des différends nés du foncier en Guinée, le partage égal de l’héritage entre l’homme, le contenu des codes fonciers dans les pays africains présents comme le Cameroun, le Bénin et le Gabon, comment mettre fin à la destruction de l’environnement, le partage de l’héritage entre l’homme et la femme ou encore et la question de l’expropriation pour cause d’utilité publique.

La journée s’est achevée sur des notes d’engagements pour une gestion responsable et durable du foncier sur le continent, tout un défi !

Idiatou CAMARA pour guineematin.com et radioenvironnementgn.com

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