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Directeur Régional UICN – PACO

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Créée en 1948, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature est l’une des premières organisations internationales de protection de l’environnement. Composée de gouvernements, d’organisations de la société civile ainsi que des experts du monde entier. L’UICN offre aux organisations publiques, privées et non-gouvernementales les connaissances et les outils nécessaires pour que le progrès humain, le développement économique et la conservation de la nature se réalisent en harmonie. L’UICN regroupe aujourd’hui une centaine de pays,  plus de mille membres, d’ONG et  de près de seize mille experts spécialisés dans différents domaines de l’environnement à travers le monde.

Pour parler de cette institution, ses missions et actions et particulièrement en Afrique, Idiatou CAMARA a rencontré le Coordinateur Régional de l’UICN-PACO qui couvre l’Afrique centrale et de l’ouest Professeur Aimé NIANOGO.

Quelles sont les débuts de l’UICN ? Et quelles sont ses missions ?

Pour parler de la genèse de l’UICN il faut remonter à la fin de la seconde guerre mondiale où vous savez comme moi que tout a été dévasté à cette époque, avec tous les bombardements qui ont eu lieu en Europe. Dans les villes et les campagnes tout a été détruit, et cela a indigné et choqué tous ceux qui avaient un souci pour la protection du cadre de vie, et donc de l’environnement.  L’UICN est aujourd’hui la seule organisation environnementale ayant le statut officiel d’Observateur des Nations Unies.

Aujourd’hui l’UICN s’est agrandie au fil des ans pour devenir le réseau environnemental le plus important et le plus diversifié au monde. Elle compte avec l’expérience, les ressources et le poids de ses 1300 organisations Membres et les compétences de plus de 16 000 experts à travers le monde spécialisés dans différents domaines de l’environnement.

Quelles sont les missions de l’UICN ?

Ses missions sont d’influer sur les populations du monde pour qu’elles utilisent et valorisent la nature en faisant en sorte que cette utilisation soit durable, c’est-à-dire qu’elle serve les générations présentes et futures. Elle veille à ce que la conservation de la nature soit entendue au plus haut niveau de la gouvernance internationale.

En facilitant ces solutions, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature offre aux gouvernements et institutions de tous niveaux l’élan nécessaire pour atteindre les objectifs universels sur la biodiversité, les changements climatiques et le développement durable, des concepts que l’UICN a d’ailleurs fortement contribué à définir.

Certains estiment qu’on ne peut pas conserver en tant que telle la nature, il faut l’utiliser puisqu’on a besoin d’elle pour vivre tout simplement ?

Disons que le concept a beaucoup évolué. Dans les années 40, 50 c’était cela, certains ne voulaient même pas qu’on touche à la nature. Mais la réalité est toute autre, on est obligé d’utiliser la nature comme vous le dites, mais l’essentiel est de ne pas la surexploiter. Ce qui veut dire qu’on peut conserver la nature à condition de connaitre sa valeur, qu’on comprenne le service qu’elle rend à l’humanité.

Vos projets pour l’Afrique centrale et occidentale qui sont les zones couvertes par l’UICN-PACO

Nous avons de nombreux projets dans la biodiversité, les zones humides, les forêts, la pêche, les aires marines et côtières, les changements climatiques au sein de l’Afrique centrale et occidentale.

Mais vous n’avez toujours pas de bureau en Guinée ? N’y a-t-il pas de nécessité d’ouvrir un bureau de l’UICN dans ce pays riche en ressources naturelles et énergétiques ?

En Guinée, nous intervenons dans la région de Kankan jusqu’à la frontière Malienne depuis 3 ans maintenant. Nous œuvrons particulièrement avec les autorités et populations dans le sens de mieux gérer les têtes de sources, puisque sans cela les impacts vont être importants pour non seulement la Guinée mais également tous les pays arrosés par le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest qu’est la Guinée. Il y’a bien une nécessité je dirai à la limite même qu’il y a une urgence d’intervenir en Guinée. Mais vous savez l’environnement sociopolitique ces dernières années n’y était pas favorable, à cela il faut ajouter la maladie à virus Ebola et tout ce que cela a causé. Mais fort heureusement que tout se normalise depuis quelques temps et cela encourage les institutions à s’y installer.

Nous savons que la Guinée regorge d’importantes ressources,  par exemple les plus grandes plages de forêts naturelles, les ressources minières et énergétiques, hydriques etc… Mais vous savez aussi qu’il faut des priorités nationales, en relation avec les études que nous faisons. C’est dans ce cadre que nous venons d’organiser un atelier à Conakry pour rédiger un document pour lever le plus de fonds possible. Le travail s’inscrivant dans le cadre de la réduction de la pauvreté.

Nous allons ainsi travailler en synergie avec les institutions déjà sur place pour coordonner les interventions. Plusieurs axes justement vont définir notre intervention, qu’il s’agisse des changements climatiques du renforcement des capacités, la biodiversité, les zones humides dans le domaine du suivi écologique. Une fois que tout cela sera réunit nous pensons que rapidement nous allons pouvoir ouvrir un bureau en Guinée.

Vous avez aussi parlé de partenariat, est-ce que les médias sont importants dans ce cadre ?

Les médias sont très importants à nous yeux figurez-vous, ils ont une place privilégiée dans notre travail puisque nous travaillons plus avec les autorités au niveau  central, les ministres, les directeurs, chercheurs, environnementalistes et juristes notamment. Vous comprendrez que c’est important pour nous de traduire en des messages simples et accessibles le contenu des communications aux populations à la base. C’est dans cette optique que nous avons développé un circuit de radio communautaire en Guinée Bissau par exemple, également un réseau de radios communautaires en Afrique centrale et récemment en Afrique de l’Ouest.

Au sein même des bureaux de l’UICN au Cameroun, nous avons une radio qui s’appelle ‘’radio environnement’’ que nous finançons et qui diffuse beaucoup d’informations sur l’environnement et le développement durable, et j’espère que lorsque nous allons venir en Guinée nous allons pouvoir travailler avec vous les médias pour mieux protéger l’environnement et de manière durable.

 

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