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Célébration : la convention sur la diversité biologique a 25 ans !

Signée en 2012 à Rio de Janeiro au Brésil au sommet de la terre, la convention sur la biodiversité ambitionne de protéger les écosystèmes à travers une meilleure prise en compte de l’environnement. La Guinée a ratifié ladite convention en 1993 comme deuxième Etat Africain, soit un an après.

Pour marquer la journée, la chambre des mines de Guinée, des sociétés minières évoluant en Guinée dont Guinée Alumina Corporation, la Compagnie des Bauxites de Guinée, la Société Minière de Guinée SMB et Henan Chine en partenariat avec le Ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts, ont organisé une journée d’informations et de partages d’expérience autour du sujet.

Une centaine de participants venus des départements techniques, des sociétés minières, mais aussi des institutions internationales comme l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature UICN, de la société civile et des médias étaient présents.

Présidant la cérémonie, le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement a rappelé que la Guinée est le second pays Africain à avoir ratifié la convention sur la diversité biologique. La biodiversité selon lui, est la relation qui existe entre les êtres vivants ainsi que les conditions nécessaires à leur vie et à leur évolution.

Ainsi, pour tenir ses engagements pris dans le cadre de cette convention, dira Seydou BARRY SIDIBE,  la Guinée a élaboré et mis en œuvre des stratégies et plans d’action décennales de 1992 à 2010 et pour la période 2015 -2025. Elle a dans cette même perspective étendu son réseau national d’aires protégés sur l’ensemble du territoire national, introduite la protection de la diversité biologique dans de nombreux plans et stratégies de développement. Cette célébration est une occasion pour faire le bilan du parcours depuis Rio et définir de nouvelles perspectives pour une biodiversité prospère et durable tant pour les générations présentes que futures conclura-t-il.

La journée s’est poursuivie par les débats sur les thèmes proposés. Tout d’abord, le cadre législatif en Guinée a été présenté par Beatrice KOLIE, Juriste Environnementaliste au Ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts.

Elle a dans son intervention, présenté le tableau des acquis et engagements internationaux, mais également nationaux avant de noter les insuffisances comparés à des pays de la sous-région.

Pour le Directeur de l’Office Guinéen des parcs et réserves M.SOW qui présentait l’« état de la biodiversité en Guinée et les outils de gestion» la situation est alarmante et mérite que l’on se penche dessus. Pour matérialiser son propos, il a rappelé qu’il y’a 50 ans la faune et la flore en Guinée étaient riches et diversifiées, ce qui n’est plus le cas regrette -t ’il. Il poursuit en disant que la dégradation de la biodiversité nous interpelle tous car, aujourd’hui je cite « vous pouvez voyager de Conakry à N’Zérékoré sans voir un écureuil, un singe traverser la route, et si ça continue nous devrions faire des photos pour montrer à nos enfants puisqu’il n’y en aura plus en vrai …», avec un ton nostalgique et visiblement triste.

Il a achevé son intervention en mentionnant le manque de coordination entre les Ministères des Mines et de l’Environnement en ce qui concerne l’octroi des concessions minières, et demandé aux sociétés minières d’appuyer techniquement et financièrement la protection de la biodiversité impactée par leurs activités.

Le panel sur l’ « adaptation  éco systémique au changement climatique » animé par Dr Mamadou Lamarana DIALLO, du projet REMEC, Mamadou Ciré CAMARA du Programme Environnement et Développement Durable au PNUD, Benoit Limoges de GAC et Professeur Selly CAMARA du Ministère de l’Enseignement Supérieur a été consacré sur l’atténuation, l’adaptation et la résilience face au phénomène du dérèglement climatique.

A propos, les panélistes ont rappelé les effets enregistrés aujourd’hui dont les inondations, la sécheresse, l’élévation du niveau de la mer, la forte chaleur par endroit etc… Pour faire face à la situation, ils ont parlé des techniques d’atténuation et d’adaptation car, selon Dr Lamarana, il « faut s’adapter au phénomène, car nous n’avons pas d’autre choix ». Pour se faire, « il faut respecter les engagements pris et lutter contre l’impunité car notre pays, a de beaux textes mais ne respecte pas toujours ses engagements ».

La journée s’est achevée par la remise de certificats de reconnaissance à des « pionniers » de la protection de la biodiversité en Guinée et la signature du protocole d’accord portant création du réseau environnement bauxite, un consortium de six sociétés minières dont les missions sont entre autres de « mener ensemble des activités en vue d’une meilleure prise en compte de l’environnement en général et particulièrement de la biodiversité » fortement menacé en Guinée à cause notamment de l’activité minière.

Idiatou CAMARA

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