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Le deuxième colloque international sur le droit de l’environnement en Afrique

Le deuxième colloque international sur le droit de l’environnement en Afrique

Du 25 au 27 juillet dernier la capitale Marocaine a abritée le deuxième colloque international sur le droit de l’environnement en Afrique. Une centaine de participants venus d’Afrique, du canada, d’Europe, du Brésil y ont pris part. Une initiative commune de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et l’Institut Francophone pour le Développement Durable en collaboration avec le Royaume du Maroc.

Objectif entres autres, réfléchir aux voies et moyens de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et harmoniser la position de l’Afrique pour parler la même voix lors de la COP 22 prévue en novembre prochain à Marrakech au Maroc.

Au total une quarantaine de thèmes ont été débattus par d’éminents juristes experts en droit de l’environnement mais aussi des professionnels des médias présents. Parmi ces thèmes on peut citer : L’Accord de Paris : Quelle justice climatique pour l’Afrique ? Le système de l’Economie Verte et son financement en Afrique Centrale,  l’aménagement de l’espace côtier et marin en Afrique de l’Ouest  et  les implications juridiques de l’Accord de Paris pour les droits des femmes en Afrique ?

Au terme des travaux intenses et riches en débats les participants ont formulé plusieurs recommandations dont  la nécessité de poursuivre la formation des  juges et leur spécialisation sur les questions environnementales, la formation des médias sur la communication et le droit de l’environnement ainsi que la vulgarisation des accords et conventions dans les langues locales pour une meilleure compréhension des citoyens.

 

A l’ouverture des travaux  le 25 juillet plusieurs discours ont été prononcés.

Il est tout d’abord  revenu au représentant de la Ministre Déléguée chargée de l’environnement de souhaiter la bienvenue aux participants venus du monde entier avant de réitérer la volonté et l’engagement du gouvernement du Royaume Chérifien à accompagner les participants dans la mise en œuvre des recommandations issues des travaux.

Dans cette séquence des allocutions, le Directeur Adjoint de l’institut de la Francophonie et du Développement Durable Bernard DUBOIS et  le Directeur régional de l’UICN-PACO Aimé NIANOGO, ont tour à tour apporté le soutien et l’engagement de leurs institutions à soutenir les travaux ainsi que l’accompagnement dont ils auront besoin.

Bernard DUBOIS fera remarquer que près de 50 ans après la rencontre de Stockholm et celle de Rio en 1992, les maux qui affectent notre environnement persistent encore ce, en dépit des efforts consentis çà et là. Le Directeur Adjoint de l’IFDD s’est ensuite interrogé sur l’importance des accords et conventions sur le Droit de l’Environnement, si leur mise en œuvre n’est pas effective.

Pour inverser la tendance, il a proposé à l’ensemble des parties prenantes de poursuivre les efforts  dans la sensibilisation, l’information, la promotion et l’accès aux emplois verts ou encore le renforcement de capacités des dits acteurs.

Prenant la parole le Directeur régional de l’UICN-PACO Aimé NIANOGO  a fait le bilan du premier colloque dans l’état de lieu de sa mise en œuvre avant d’apporter le soutien de son institution à accompagner les experts dans la mise œuvre des recommandations issues du dit colloque.

A ce rendez-vous de Rabat, une quarantaine de thèmes à la fois liés au droit de l’environnement et au développement durable, au  rôle du juge dans sa mise en œuvre, à l’Accord de Paris et ses répercussions sur les droits des femmes et des communautés africaines, ou encore à « l’accaparement » des terres et des mers du littoral en Afrique et l’Afrique dans la gouvernance climatique post 2015: les implications juridiques de l’Accord de Paris pour l’Afrique et la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable : quels mécanismes novateurs de mise en œuvre et de suivi, ont fait l’objet de présentation et d’échanges riches et pertinents.

A l’issue des travaux en plénière suivis de débats, les participants ont fait l’état des lieux de la mise en œuvre des recommandations du premier colloque sur le droit de l’environnement tenu en 2014 à Abidjan. La dessus, il est ressorti que des efforts sont entrain d’être fournis dans différents pays pour achever le processus. A noter que le niveau de mise en œuvre justement varie selon les pays et notamment de la « volonté politique » des autorités administratives et politiques de ces pays et l’engagement des juristes environnementalistes et autres acteurs de la société civile des dits Etats. Pour achever ce processus de mise en œuvre, le colloque a encouragé les acteurs à poursuivre l’élan de mise en œuvre.

Au titre des recommandations, une cinquantaine d’actions ont été proposées. Pour plus de réalisme, il a été proposé de mettre en place un comité ainsi que pour l’enrichissement du ‘’message clé’’ à présenter  la COP 22 à Marrakech au nom du continent Africain. Cette mission de pilotage a été confiée au Maroc qui entend revenir au sein de l’Union Africaine qu’elle avait quitté il y a quelques années.

Le colloque a aussi souhaité la poursuite de la formation des magistrats et auxiliaires de justice sur le droit de l’environnement ainsi que les médias pour une meilleure information des populations. Il a également été recommandé de traduire les conventions et accords dans les langues locales pour une meilleure compréhension des citoyens, ce qui n’est pas souvent le cas.

Le colloque a également recommandé la poursuite des efforts pour la ratification et la prise des décrets d’application  des conventions des accords et autres textes de lois sur le droit de l’environnement et du développement durable.  La dessus, il faut dire que des participants ont dénoncé la lenteur et le laxisme des autorités en charge de ce processus, conséquence, des accords et conventions prennent plusieurs années avant que leur mise en œuvre ne soit effective.

Sur la nécessité d’impliquer les médias, le colloque a encouragé ces professionnels à accompagner les juristes dans la facilitation de la compréhension des textes souvent « inaccessibles » à cette  catégorie de la population pourtant partie intégrante de la communauté et acteur de la mise en œuvre de ces textes juridiques.

C’est sur une note de satisfaction que les travaux se sont achevés, toutefois, des participants interrogés nous ont confié qu’il fallait plus de temps pour traiter en profondeur  les thèmes qu’ils ont cependant  jugé intéressants et pertinents.

Rendez-vous est pris dans deux ans pour le troisième colloque dont le lieu n’a pas encore été défini, mais bien avant à la COP 22 sur le climat en novembre prochain à Marrakech au Maroc.

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